Trois récits

(L'Apprentissage - Le Bain - Le Voyage à La Haye)
Trois récits
Image du spectacle

L'apprentissage

Jean-Luc Lagarce, Suzie Baret-Fabry

C’est quoi ? Un homme nous convie à son enterrement. Accompagné d’une chanteuse-pleureuse et de trois instrumentistes, il met en scène sa résurrection et nous invite à l’éveil des sens dans un chaos joyeux et poétique. Cette pièce, adaptée d’un texte de Jean-Luc Lagarce, raconte la maladie, les soins, mais aussi les contrastes : être immobile mais intellectuellement lucide, cloué au lit mais dans un ballet incessant de soignant·es. Dans une langue qui cherche toujours le mot juste, L’Apprentissage dépeint avec acuité, délicatesse et dérision, le milieu hospitalier et la fragilité de notre condition humaine.
 

Note d’intention

La rencontre avec le texte de Jean-Luc Lagarce a fait émerger des questionnements avec lesquels je cheminais depuis quelques années déjà. Comment notre vie peut être bouleversée par un accident soudain qui remet en question notre identité ? Que reste t-il de ce que nous sommes, de ce que nous avons été, lorsque nos facultés cognitives et psychomotrices sont altérées ? Comment cet être, dans sa même enveloppe corporelle, peut-il devenir un étranger pour
les autres et pour lui-même ? Ce qui m’intéresse ici c’est la question de l’identité au sens le plus organique.

Au mot renaissance qui constituait la commande d’écriture initiale faite à l’auteur, nous avons rapidement substitué celui de survivre qui marque à la fois le combat que représente une telle expérience mais aussi le supplément de vie que décrivent si souvent les patient·e·s que nous avons rencontré·e·s. La quotidienneté devient sacrée, savourée et inscrit le ou la patient·e dans une sensation exacerbée du présent.

Mourir et revenir autrement, avec une autre perception, une autre manière d’appréhender le monde. Cette expérience d’anéantissement induit une forme de deuil de ce qui a été en même temps qu’elle tend vers une infinité de possibles.
Au plateau, nous travaillons autour du chaos intime, de la perte d’identité jusqu’à la reconstruction et au retour dans la société.
Par des situations aussi concrètes qu’absurdes, nous donnons à voir le décalage entre la vie intérieure du patient et l’environnement hospitalier qu’il découvre. Le protagoniste nous convie à son enterrement qu’il orchestre lui-même.

Devant nous, il replonge dans son vécu et propose ainsi aux spectateur·ice·s de revivre cette expérience inédite avec lui.
Cette fois, c’est lui qui raconte. On assiste à la résurrection de cet homme qui émerge de ses cendres et oscille entre le concret de son retour à la vie et des échappées poétiques et lyriques fantasmées. Dès le début, il se met en scène, joue et dialogue avec la machinerie médicale et théâtrale, et navigue ainsi sur le fil tenu entre la vie et la mort, entre le pathétique décalé et le comique jubilatoire de sa cocasse situation.
Entouré de quatre musicien·ne·s, le comédien devient la marionnette des soins qui lui sont prodigués. D’un corps-objet désacralisé, les cinq interprètes vont ré-insuffler la vie de manière chorale afin de créer un monde nouveau qui magnifie les sens et renoue avec les plaisirs a priori les plus anodins.

Théâtre et musique dialoguent avec ardeur, sensibilité et ironie pour nous raconter l’intime, donner à voir et entendre nos peurs les plus profondes, révéler la puissance et l’absurdité de notre condition humaine, et célébrer la vie qui subsiste coûte que coûte.

Critiques

  • Pleins feux
    par Yannaï Plettener

    L’Apprentissage : symphonie de la renaissance

    C’est un petit récit méconnu de Jean-Luc Lagarce. Un homme y raconte son réveil du coma et le lent chemin de l’hospitalisation et du retour à la vie, entre la redécouverte d’un corps comme soudainement vieilli, la déshumanisation de l’hôpital, et la difficulté à s’ouvrir à nouveau au monde extérieur.

  • Inferno
    par Rédaction

    Une ampleur et une ambition qui tombent à point nommé.

    Suzy Baret-Fabry nous permet de retrouver la musicalité du phrasé de Lagarce, ce qui n’est pas rien ! À la manière d’une Jeanne Candel ou d’un Samuel Achache,

  • Hotello
    par Véronique Hotte

    Mourir et revenir autrement

    Luc Lagarce, raconte la maladie, les soins, mais aussi les contrastes : être immobile mais intellectuellement lucide, cloué au lit mais dans un ballet incessant de soignants.

  • Coups d'Œil
    par Olivier Frégaville-Gratian d'Amore

    Lagarce, au plus près des sensations

    Une renaissance progressive, faite de perceptions fragmentaires, de sensations retrouvées, d’une pensée qui tâtonne et se recompose. Pris entre l’immobilité de son corps et la lucidité de son esprit, le personnage nous entraîne dans un flux intérieur où...

Calendrier des représentations

Espace Bernard-Marie Koltès - Metz | Metz Réserver

mer.04nov. 2026
jeu.05nov. 2026
ven.06nov. 2026
  • Théâtre Olympia | Tours
    28 mars 2026

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