La Chambre rouge [fantaisie] (suivi de) Señora Tentación

La Chambre rouge [fantaisie] (suivi de) Señora Tentación
Image du spectacle

La Chambre rouge (fantaisie)

Marie Dilasser, Michel Raskine

C’est l’histoire d’un vieux qui s’enferme dans sa chambre rouge, peut-être le tombeau de son enfance. Coupé du monde pour l’éternité, il reçoit des visites imprévues et burlesques qui vont lʼextraire de son retrait volontaire. Un certain Mitou lui apporte les lettres d’anciens amants tandis qu’un ado, Lado, met le bazar dans cette vraie-fausse biographie.

Sous les traits de Moi, Michel Raskine invite les fantômes de Samuel Beckett, Colette, Hervé Guibert, Molière, Mozart ou… Britney Spears, et celui de sa mère, à la manière du spectre d’Hamlet. C’est sa si fidèle complice Marief Guittier qui lui prête sa voix.

Aucune psychanalyse dans ce spectacle inédit mais le parti pris de jouer avec l’art théâtral, ce lieu du faux et du clown, d’esquisser même des pas de danse. Michel Raskine s’amuse avec la langue précise et mordante de Marie Dilasser dont il avait déjà mis en scène Me zo gwin ha te zo dour ou Quoi être maintenant ? et sa version désopilante de Blanche-Neige. Après avoir laissé le plateau à d’autres dans Ce que j’appelle oubli, sa dernière création aux Célestins, il retrouve avec bonheur le plaisir de jouer.
« La vie sert à vivre, pas à faire le mort. »

Une journée particulière par Michel Raskine

C’est l’histoire d’un mec…
qui veut être Alceste en son désert, mais voilà que Mitou (Mi-tou, une moitié du tout, un type flou, donc), beaucoup trop soumis pour son âge, puis Lado, un ado
beaucoup trop grand et futé pour son âge, entrent par effraction dans la chambre rouge et foutent le bardak, comme on dit en russe sans qu’il soit besoin de traduire, brisant momentanément l’appétence surjouée de Moi pour la planification cartésienne de son futur immédiat. Mitou rêve de jouer les Vendredi
sur l’île oubliée et s’agrippe, mais Lado, de passage, proclame : « c'est pas le tout, moi faut que j'aille traîner ailleurs ! »

C’est l’histoire d’un mec...
et de ses deux complices improvisés qui secrètement rêvent tous trois de famille recomposée, font des projets sur la comète et pour la comète, se cognent
et s’écharpent, mais au fond se comprennent au pti poil puisque tous parlent couramment le Dilasser,
et shebam, pow, blop, wizz !

C’est l’histoire d’un mec...
C’est le jour de son anniversaire (« Oh le beau jour encore que ça aura été ! ») et pourtant la lettre anonyme expédiée par les cintres (on est bien au théâtre !)
à ce pessimiste militant, jette un froid, non ? : « Tu n'as plus ta place ici, sale vioque. J'ai préparé ton injection finale. Je t'attends à la sortie. »

C’est l’histoire d’un mec…
et du fantôme de (sa) Maman. Elle vient disputer avec tendresse, marchant dans les pas du fantôme du père d’Hamlet, mais nettement plus mordante, caustique et ironique, en optimiste militante, que le vieil ancêtre du 16e siècle ! « La vie sert à vivre, pas à faire le mort. » dit-elle.

Alors, capituler ou combattre ? Notre héros autoproclamé tirera-t-il la leçon de sa journée particulière ? Ce voyageur immobile s’enfuira-t-il de sa chambre rouge ? La fantaisie gagnera-t-elle la partie contre la nostalgie ? Et la voix de Maman saura-t-elle « diluer la mélancolie, éponger les angoisses et calmer les déchirures » du vieil enfant et de ses sortilèges ?

Source : Programme des Célestins, Lyon

Critiques

  • Sceneweb
    par Nadja Pobel

    L’éclatante « Chambre rouge » de Michel Raskine

    Michel Raskine incarne Moi dans un magnifique spectacle déjouant tous les travers de l’autocélébration grâce à l’écriture minutieuse, drôle et alerte de Marie Dilasser. Où il est question de vieillesse et de jeunesse, d’amours défunts et des trous béants de l’Histoire, entre Britney Spears et Scarlatti.

  • Les Trois coups
    par Trina Mounier

    Les facéties du vieil acteur

    C’est l’histoire d’un vieil acteur qui s’appelle Moi (pour qu’aucune ambiguïté ne subsiste, ce pronom est fièrement inscrit sur le fauteuil hollywoodien qui sera celui du metteur en scène). Il est ici interprété par Michel Raskine lui-même. Alors, autobiographique, cette pièce ?

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