Présentation
Pendant plusieurs années, Patricia Allio a écrit un texte où elle s'adresse à Julienne Le Breton, sa grand-mère maternelle originaire du Morbihan. Au détour de restitutions de conversations qu'elle a enregistrées dans la voiture ou le long du Canal de Nantes à Brest, de souvenirs, d'anecdotes, elle soulève la question de l'héritage paradoxal, notamment sous forme de honte de soi, de déni et de culpabilité. L'auteure interroge notamment le poids de la honte liée à la langue maternelle interdite, le breton.
Extrait
« Je pense souvent à toi. Pourtant j’ai oublié comment tu t’appelles. C’est ce que tu m’as dit la dernière fois que je t’ai vue. C’est ce que tu me dis désormais chaque fois que je te vois. La première fois ça m’a choquée maintenant je me dis que ce n’est pas si grave si je suis pour toi sans prénom. Je croyais que pour se reconnaître il fallait pouvoir s’appeler, mais peut-être suffit-il de s’être nommé déjà une fois pour se reconnaître ensuite sans se nommer ? »
Création
Création théâtrale de et avec l’autrice en novembre 2018 à Brest au Quartz, puis présentée en tournée de décembre 2018 à octobre 2022 (notamment à Paris, Rome, Mulhouse, Rennes, Blois, Avignon).