Le Cœur d'Ester

Le Cœur d'Ester
Image du spectacle

El corazón de Ester

Alberto Cortés

Au 19e siècle, fut retrouvé dans la campagne anglaise un mystérieux manuscrit composé d’extraits de journal intime et de poèmes d’amour écrits par une certaine Ester. Elle y décrit comment, à force de s’abandonner corps et âme à ses bien-aimés, elle disparaît peu à peu. Alberto Cortés met en miroir l'abandon à l'être aimé et son propre abandon face au public : il dessine les contours de cette relation définie par le fait de regarder et d’être regardé, et en conclut qu’à force d’être regardé, on finit par disparaître. Il a donc décidé de ne présenter la pièce que 50 fois ; au-delà, elle sera consumée par le regard du public, telle une bougie. Cortés interroge également l’existence d’une dévotion queer, et la relie à l’espoir d’un avenir nouveau.

Confession poétique, El corazón de Ester décrit la nature performative de l’amour – qui nous épuise autant qu’il nous nourrit –, la dimension existentielle de la solitude et la vulnérabilité du corps. C’est une pièce rituelle dans laquelle la scène est un lieu de pèlerinage consacré à la dévotion, au risque et à l’amour, qui se fait également un plaidoyer en faveur de la performance.

Note d'Alberto Cortés

Cette œuvre traite de l'usure que provoquent les regards lorsqu'ils traversent un corps. Elle propose une réflexion sur ce que signifie, pour le corps de l'artiste, d'être regardé par les yeux du public, et sur ce que signifie être vendu encore et encore par le marché capitaliste. Il en résulte un corps qui, à l’instar de celui d’Ester, se consume d’amour dans un exercice de disparition progressive (l’acte d’aimer le spectateur comme une douce mort lente). 
Face à cette disparition imminente du corps de l’artiste et de l’œuvre elle-même, le cœur d’Ester s’interroge : devons-nous alors inventer de nouvelles formes de dévotion ? Existe-t-il une dévotion queer qui n’implique pas de sacrifice ? La seule option possible pour surmonter l’usure de la chair est-elle de la transcender et d’atteindre l’Esprit ? Peut-être « Le cœur d’Ester » est-il une formule magique, digne d’un apprenti sorcier, qui cherche à disparaître sans disparaître. C’est là qu’apparaissent les influences de Simone Weil et de toutes les mystiques de l’histoire, qui sont ici les grandes maîtresses d’Ester. 
D’autres voix de femmes du XIXe siècle ont également émergé au cours du processus et ont nourri l’écriture, comme Emily Dickinson et les sœurs Brontë, ainsi que de nombreuses autres qui ont dialogué avec le passé, telles que María Zambrano ou Anne Carson. L’œuvre, au-delà de la tragédie que représente le fait de mourir d’amour, est aussi une célébration du don de soi au public, une lettre d’amour et une vénération de l’exercice qui consiste à nous soutenir mutuellement dans l’acte de la performance.

Pour éviter d’être consommés trop rapidement et nous prémunir contre l’idée du « succès de la star », nous proposons un pacte de responsabilité collective vis-à-vis de la consommation des œuvres et des corps des artistes : la pièce sera une série limitée et numérotée de 50 représentations, après quoi elle disparaîtra. Dans l’espoir que le regard prenne conscience de sa magie et qu’Ester survive à ce sacrifice.

Calendrier des représentations

Actoral | Marseille

jeu.24sept. 2026
ven.25sept. 2026

Théâtre de la Bastille | Paris Réserver

lun.14déc. 2026
mar.15déc. 2026
jeu.17déc. 2026
ven.18déc. 2026
sam.19déc. 2026

Domaine d'O | Montpellier

mar.02mars 2027
mer.03mars 2027
  • GREC Festival de Barcelona | Barcelone
    07 juil. 2026
  • Kunstenfestivaldesarts | Bruxelles
    19 mai 2026

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