
Les Garçons et Guillaume, à table !
" Le premier souvenir que j’ai de ma mère, c’est quand j’avais quatre ou cinq ans. Elle nous appelle, mes deux frères et moi, pour le dîner en disant : ‘Les garçons et Guillaume, à table !’ et la dernière fois que je lui ai parlé au téléphone il y a deux jours, elle raccroche en me disant : ‘ je t’embrasse ma chérie’ ; eh bien disons qu’entre ces deux phrases, il y a quelques malentendus. "
Sociétaire de la Comédie-Française, Guillaume Gallienne trouve ici le moyen de se cacher et se dévoiler tour à tour. Dans un spectacle intime et distancié, il raconte le parcours atypique d’un garçon trop bien élevé. Situations désopilantes, galerie de portraits dessinés sans complaisance, autodérision : Les garçons et Guillaume, à table ! transforme le récit autobiographique en délicieux moment de jubilation.
Note d’intention par Guillaume Gallienne
Lorsque Olivier Meyer m’a invité à écrire le spectacle dont je rêvais, j’ai tout d’abord été dérouté car, Sociétaire de la Comédie-Française, j’ai l’habitude, au sein de la troupe, de faire ce que l’on me demande.
Et là, pour la première fois, on me proposait non pas d’interpréter Molière, Racine, Corneille.… mais, de jouer ce que je voulais… Alors, je me suis dit qu’il y avait bien une histoire, qui se trouve être la mienne, dont j’aimerais parler. Pas uniquement, parce que cela me ferait du bien, j’ai payé un monsieur pendant des années pour cela, mais parce que cette histoire, que je porte en moi depuis longtemps, est théâtrale.
En m’inspirant du principe des “Stand Up”, je me suis mis à écrire tout ce que ma mémoire avait, au fil des ans, gardé et raconté, amplifié ou déformé.
Alors, quelle est donc cette histoire ? Disons, que c’est celle d’un malentendu… Je me souviens, tout jeune enfant, j’étais avec mes frères, lorsque ma mère nous appelle pour dîner en disant : “Les garçons et Guillaume, à table !”. Sur le moment, je n’ai pas tiqué, puis plus tard, je me suis rendu compte que, chez moi, on disait souvent “Les garçons ET Guillaume”. Trop bien élevé pour contrarier ma mère et trop heureux d’être distingué, je me suis glissé dans la peau de ce Guillaume qui n’était pas un garçon donc.
Aujourd’hui, je me demande : comment ai-je fait pour devenir un garçon, malgré ma docilité et ma vanité, malgré l’étiquette que l’on m’a collé avant même que je n’ai eu le temps de me découvrir ? ; “Les garçons et Guillaume, à table !” est peut-être une forme de réponse…
Attention, il ne s’agit surtout pas d’un règlement de compte ou d’une plainte, mais d’une quête, drôle, baroque. Dans ce monologue, je suis le narrateur de ma propre histoire. Mais, cette histoire, je la vis, je la joue (ce qui m’intéresse c’est la théâtralité, le jeu), ainsi que tous les personnages qui ont influencé mon aventure. Mon personnage est souvent désarmant de naïveté, trop conciliant, trop réservé, il cherche seulement à savoir qui il est… sans, je l’espère, tomber dans aucun stéréotype.
Archives des représentations
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Athénée Théâtre Louis-Jouvet
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Paris
21 janv. > 20 févr. 2010