
Cavalières
Elles ont en commun d’être très « cavalières » au sens d’avoir un comportement impertinent, insolent, audacieux. Et elles montent facilement sur leurs « grands chevaux ». Il ne faut ni les énerver, ni les brusquer.
Elles aiment s’écrire des lettres. Elles aiment raconter des histoires et vont tenter ensemble d’ouvrir une brèche dans le quotidien. Réunies autour de la petite Madeleine et de son handicap, elles vont tour à tour en prendre soin. Elles veulent tout s’autoriser, elles veulent faire parler le mystère et l’absence, provoquer l’inattendu. Serait-ce une suite de Je pars sans moi ? On n’abandonne pas si facilement la folie ! Mais les suites font souvent dériver pour inventer d’autres histoires. Et toujours laisser la part plus assumée, plus grande à l’improvisation, à ce qui fait que nous sommes debout.
Stand up !
Note d'intention
Le cheval, c’est une longue histoire. J’ai beaucoup monté puis j’ai été contrainte d’arrêter et j’ai surtout beaucoup, beaucoup, fréquenté toutes sortes de milieux en rapport avec le cheval, sans à priori, dont celui du champ de courses. Le champ de courses réunit «des mondes» : le monde des jockeys, celui des propriétaires, des entraineurs, des palefreniers, le monde de celles et ceux qui montent les chevaux tous les jours (les personnages de l’ombre). A l’hippodrome se mêlent les parieurs, les spectateurs amoureux du cheval etc. Moi, là où je fus, c’est dans le milieu des trotteurs. On les appelle « les bouseux » car c’est un monde moins bourgeois que celui du galop ou des concours hippiques...
Ce n’est pas un spectacle sur le cheval, non, ce sont des moments traversés par quatre femmes qui ont chacune un lien avec le cheval. Denise (Isabelle Lafon) est entraineuse de chevaux de course, de trotteurs très exactement. Elle travaille donc dans le milieu du champ de courses. Elle a été désignée il y a quelques années comme tutrice légale de Madeleine, une enfant avec un handicap comme on dit (si j’étais sincère je n’emploierais pas ce mot qui désigne et enferme.)
Denise a l’opportunité d’habiter un grand appartement, elle a l’intuition que pour Madeleine il serait temps d’être à plusieurs. Elle fait donc passer une annonce pour rechercher trois autres femmes avec qui elle pourrait cohabiter. Dans cette annonce elle pose trois conditions :
1 - Avoir un rapport au cheval
2 - S’occuper de Madeleine
3 - Ne pas apporter de meubles
Trois femmes seront « retenues ».
Saskia (Johanna Korthal Altes) est danoise et connaît bien Denise, elles ont beaucoup monté ensemble. Saskia est ingénieure, spécialisée dans le ciment.
Nora (Karyll Elgrichi) éducatrice auprès de jeunes délinquants vient d’être mise à pied.
Jeanne (Sarah Brannens) est serveuse dans un bar et s’intéresse à beaucoup trop de choses à la fois.
Ces quatre femmes sont chacune à la croisée de quelque chose de leur vie. La tentative serait non seulement d’habiter ensemble mais avant tout de faire famille autour de Madeleine. Je pourrais, en pensant à ces quatre femmes, citer Fernand Deligny : «Pour que ce radeau que nous sommes ne se laisse pas emporter par la route des grands cargos. »
Podcasts
France culturepar Tous en scèneIsabelle Lafon, femmes cavalières et impertinentes en scène
Quatre femmes, quatre mondes vont devoir apprendre à cohabiter. Elles ont en commun d’être très "cavalières" au sens d’avoir un comportement impertinent, insolent, audacieux.
Critiques
Le Progrèspar RédactionDe formidables cavalières aux Célestins
La metteuse en scène et autrice Isabelle Lafon propose un spectacle d’une grande sensibilité sur une singulière solidarité féminine.
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Chantiers de culturepar Yonnel LiégeoisQuatre femmes en selle
Quatre femmes libérées et impertinentes qui excellent dans l’art de se raconter et de nous conter de fantasques histoires. Entre légèreté et gravité, l’art dramatique en ses sommets !
La Terrassepar Manuel Piolat Soleymat« Cavalières » bringuebale, s’épanche, papillonne, déploie son charme par petites touches
La comédienne, autrice et metteuse en scène ouvre une porte sur le quotidien entrelacé de quatre femmes. Une proposition à l’âme vive et tendre qui assume le risque de l’incertitude.
Téléramapar Fabienne Pascaud“Cavalières” : entre scène et gradins, le théâtre minimaliste d’Isabelle Lafon vise l’osmose
Simplicité du dispositif, improvisation calculée, liberté des comédiennes ... La metteuse en scène fabrique sous les yeux du spectateur ébahi l’éloge du doute et de l’impertinence. Un théâtre nu qui invite à se laisser désarçonner.
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La Croixpar Laurence PéanMadeleine et ses quatre papas
Comédienne, autrice, metteuse en scène, Isabelle Lafon nous raconte dans Cavalières l’histoire d’une amitié entre quatre femmes chargées de prendre soin d’une petite fille singulière.
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Le Mondepar Joëlle GayotQuatre amazones indomptables sur la scène du Théâtre de la Colline, à Paris
Isabelle Lafon présente une pièce malicieuse, drôle et tendre, qui ouvre la réflexion sur la fabrication d’une démocratie par et avec des femmes.
La Terrassepar Manuel Piolat SoleymatUn théâtre au présent
Fidèle au Théâtre national de La Colline, où elle a récemment présenté Les Imprudents et Je pars sans moi, Isabelle Lafon y revient avec sa dernière création intitulée Cavalières.
Un fauteuil pour l'orchestrepar Sylvie BoursierUn dialogue épistolaire
Au bord des larmes sur les saluts, Isabelle Lafon avait-elle douté aller au bout de son message intime au public, elle qui avoue parler et signer cheval, normal pour une ancienne entraîneuse de trotteurs !
Recommandation :ff
Mariannepar Armelle HéliotIsabelle Lafon, l’écuyère inattendue
Comédienne, auteure, metteuse en scène, Isabelle Lafon nous conduit, avec « Cavalières », à explorer les vertus des chevaux, l’une de ses passions. Un spectacle insolite et très prenant, au théâtre de la Colline, à Paris.
Les Échospar Callysta CroizerLes perspectives « Cavalières » d'Isabelle Lafon
Après six pièces pour le Petit théâtre, Isabelle Lafon prend les rênes d'une première création pour la grande scène de la Colline.
Scenewebpar Anaïs Heluin« Cavalières », l’utopie très « particulière » d’Isabelle Lafon
Avec cette « tentative », ou cette « brèche », nous sommes près de Vues lumière (2019), où Isabelle Lafon imaginait l’utopie minuscule d’un atelier cinéma « sans animateur » dans un centre social.
Coups d'Œilpar Olivier Frégaville-Gratian d'AmoreCavalières, les poétiques et équestres ravissements d’Isabelle Lafon
À La Colline – Théâtre National, l’artiste habituée des lieux invite à plonger dans le quotidien de quatre femmes indomptables, abimées par la vie, qui ensemble vont apprendre à panser leurs blessures et se libérer de leurs démons.
Froggy's delightpar Philippe PersonEn quelques années, Isabelle Lafon a marqué son territoire théâtral
Ses propositions s'enchaînent. Elle a travaillé sur le journal de Virginia Woolf, sur Marguerite Duras, sur Bérénice de Racine...
La Terrassepar Anaïs Heluin« Le fait de parler « cheval » rend pour moi cette pièce très personnelle. »
Car cavalière, il faut l’être pour aborder pour la première fois le grand plateau de ce théâtre. Avec trois autres comédiennes, elle se met en selle pour une étonnante tentative.
Calendrier des représentations
L'Arc-en-Ciel - Théâtre de Rungis | Rungis
La Ferme du Buisson | Noisiel
Théâtre Edwige Feuillère | Vesoul
L'azimut | Châtenay-Malabry
Espace Culturel André Malraux - ECAM | Le Kremlin-Bicètre
Théâtre Paris-Villette | Paris
Archives des représentations
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Les Célestins, Théâtre de Lyon
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Lyon
07 févr. 2026
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La Comédie de Valence
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Valence
09 janv. 2026
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Malakoff scène nationale
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Malakoff
30 janv. 2026