
Les deux déesses
Les deux déesses se présente donc comme une réécriture contemporaine, théâtrale et musicale, du mythe de Déméter et Perséphone, ce couple de mère et fille qui a su tenir tête aux Dieux et se retrouver envers et contre tout. Ainsi sont nées les saisons, dit-on.
Ce mythe, qui met au centre deux femmes auxquelles on a rendu un culte pendant plusieurs siècles avant l’avènement du christianisme, est relativement méconnu. Il porte pourtant en son sein beaucoup des sujets qui nous occupent aujourd’hui. Il y est question, entre autres, d’inceste, d’écologie, d’émancipation, de renaissance. Il décrit avant l’heure une famille monoparentale chez les Dieux. Il est fertile en interprétations et métaphores.
Quelle serait aujourd’hui la figure du mal ? Où sont nos morts contemporains ? Quelle déesse se cache derrière nos SDF ? Comment prenons-nous soin de la terre ? Comment s’émanciper d’une mère puissante et aimée ? Comment les traumatismes nous suivent et nous habitent ? Quels sont ces fils invisibles qui nous lient si fortement à notre famille, à notre généalogie, alors que nous avons cru les couper et y échapper ? Quel compromis sommes-nous contraints de trouver dans nos vies pour continuer à vivre ensemble ? Comment s’échapper et s’affranchir d’une oppression masculine ?
Notes d’intention et de mise en scène
L’enlèvement de Perséphone par Hadès et sa recherche éperdue par sa mère Déméter est un des plus grands mythes de l’Antiquité.
Il est également l’un des plus anciens, raconté dans l’Hymne homérique à Déméter, daté du VIIème siècle avant J.-C., en même temps que l’un des plus récents, car il est narré dans la dernière épopée de l’histoire antique, le Rapt de Proserpine, écrite par Claudien à la fin du IVème siècle ap J.-C. L’histoire de la mère et de la fille touchait tant qu’elle n’a cessé de trouver des échos durant toute la longue Antiquité.
Les deux déesses se présente comme une réécriture contemporaine, théâtrale et musicale, du mythe de Déméter et Perséphone, ce couple de mère et fille qui a su tenir tête aux Dieux et se retrouver envers et contre tout. Ainsi sont nées les saisons, dit-on.
Ce mythe, qui met au centre deux femmes, auxquelles on a rendu un culte pendant plusieurs siècles avant l’avènement du christianisme, est relativement méconnu. Il porte pourtant en son sein beaucoup des sujets qui nous occupent aujourd’hui. Il y est question, entre autres, d’inceste, d’écologie, d’émancipation, de renaissance. Il décrit avant l’heure une famille monoparentale chez les Dieux.
Il est, comme tous les mythes, fertile en interprétations et métaphores.
Dans une langue concrète et poétique, Les deux déesses propose une grande épopée d’aujourd’hui avec deux héroïnes qui croisent sur leur chemin des hommes et des femmes qui les révèlent à elles-mêmes, au fil des épreuves qu’elles traversent.
La musique, mêlant électro et acoustique, accompagne et participe au réalisme magique du texte qui nous conduit de l’Olympe, sur terre et en enfer, dans un monde où les déesses et les dieux vivent parallèlement aux humains et se mêlent à eux si besoin. Les chansons agissent comme des gros plans, des arrêts sur image ou portent les ellipses qui font avancer l’action. La rythmique du texte permettra, au delà des chansons clairement identifiées comme telles, de travailler musicalement à un parlé- chanté à inventer avec les acteurs et les musiciens pendant les répétitions.
Dans une théâtralité épique, avec juste quelques éléments et accessoires qui arrivent et disparaissent, les actrices et les acteurs passent d’un rôle à l’autre à vue et déroulent la fable comme autant de tableaux visuels et sonores dans l’urgence et la nécessité de raconter cette histoire.
Les musiciennes et musiciens sont les témoins actifs de ce qui se joue sous leurs yeux, qu’ils commentent, pourrait-on dire, presque comme des spectateurs ou un chœur contemporain et semblent, dans le même esprit, improviser la musique au fur et à mesure.
L’univers esthétique mêle l’antique et le contemporain, s’amusant des anachronismes et s’affranchissant des codes. Un univers décalé mais précis.
Un pas de côté avec le réalisme. Un monde proche du nôtre mais avec une magie. Qui saurait relier le passé le présent et le futur, le visible et l’invisible, le monde végétal, animal et humain.
L’ensemble de l’équipe artistique cherche comment raconter, de nouveau et autrement, cette histoire d’aujourd’hui, vieille de plusieurs siècles. Comment la rendre sensible, prégnante, ensorcelante. Comment faire advenir le mythe musicalement, théâtralement, esthétiquement, et le donner à vivre comme une expérience qui traverse tous nos sens.
Ça commencerait comme ça...
On se dirait que la déesse Déméter serait, comme beaucoup de nos mères âgées, confiée aux bons ou mauvais soins d’un ehpad, qu’elle serait atteinte, comme beaucoup de nos mères âgées, d’une maladie dégénérative, qui la laisserait de longues heures inerte sur son fauteuil. Des musiciens-chercheurs-soignants tenteraient de stimuler sa mémoire auditive, celle qui perdure, dit-on, le plus longtemps, par des musiques et des sons afin de faire remonter les souvenirs enfouis. Elles et Ils auraient à coeur de reconstituer, bribes après bribes, l’histoire de la déesse Déméter et de sa fille Perséphone, sortir des limbes ce mythe qui nous constitue, même si nous le connaissons pas forcément, comme nous construit le récit de nos mères et de leurs mères avant elles.
Ça commence sur l’Olympe par un viol, ça continue sur terre avec une adolescente qui accouche d’une fille, une mère solo qui prend sa vie en main avec l’aide des plantes, des animaux, de la nature à qui elle sait parler et commander, du serment que font mère et fille que rien ne les sépare jamais, de tout ce qui ne devrait pas arriver, qui arrive forcément et permet aux déesses de devenir ce qu’elles sont et aux filles d’apprendre aux mères. Des traversées que sont les vies avant qu’elles ne s’éteignent. De la plus épique et divine à la plus minuscule et silencieuse. Les deux se rejoignent et se mêlent.
Structure et fonction des mythes
D’une façon générale on peut dire que le mythe tel qu’il est vécu par les sociétés
archaïques constitue :
1- l’Histoire des dates des êtres surnaturels.
2-que cette histoire est considérée comme absolument vraie (parce qu’elle se rapporte à des réalités) et sacrée (parce qu’elle est l’œuvre des Êtres Surnaturels.)
3- que le mythe se rapporte toujours à une création, il raconte comment quelque chose est venu à l’existence, ou comment un comportement, une institution, une manière de travailler ont été fondés; c’est la raison pour laquelle les mythes constituent les paradigmes de tout acte humain significatif.
4- en connaissant le mythe, on connait l’origine des choses, et, par suite, on arrive à les maîtriser et à les manipuler à volonté. Il ne s’agit pas d’une connaissance « extérieure », « abstraite », mais d’une connaissance que l’on « vit » rituellement ou en narrant de manière cérémonielle le mythe, soit en effectuant le rituel auquel il sert de justification.
5- que, d’une manière ou d’une autre, on « vit » le mythe dans le sens qu’on est saisi par la puissance sacrée, exaltante des évènements qu’on remémore et qu’on réactualise.
Critiques
Scenewebpar caroline châtelet« Les Deux Déesses », le mythe conté
Pauline Sales offre une réécriture théâtrale et musicale du mythe de Déméter et Perséphone. Une création travaillant l’univers du conte portée par une troupe à la belle énergie.
Recommandation :A voir
Un fauteuil pour l'orchestrepar Denis SanglardUne création bénie des dieux…
Finement ciselée dans son écriture, de la plus belle eau poétique il faut le dire, et dans sa mise en scène, une ligne claire et volontaire, lumineuse sous la noirceur, travaillée au cordeau, précise et délibérément sobre, sans esbrouffe ni tralala.
Recommandation :fff
L'Humanitépar Samuel Gleyze-Esteban« Les Deux Déesses » : à Saint-Denis, Déméter et Perséphone en mère et fille d’aujourd’hui
Après sa création à la Scène nationale du Mans, où elle est artiste associée, Pauline Sales présente Les Deux Déesses au Théâtre Gérard-Philippe de Saint-Denis. En jeu, l’éternelle répétition d’un mythe, celui de Déméter et Perséphone, pour les enjeux du présent.
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Coups d'Œilpar Marie-Céline NivièreLe magnifique spectacle de Pauline Sales
Créé à L’Espal, Scène nationale du Mans, ce spectacle théâtral et musical, autour du mythe de Déméter et Perséphone, entame sa tournée qui passe par la Halle aux Grains de Blois, où elle est artiste associée, et par le TGP de Saint-Denis.
La Terrassepar Manuel Piolat SoleymatC’est l’histoire d’une mère et de sa fille
Artiste associée aux scènes nationales du Mans, de Blois et de Foix, l’autrice et metteuse en scène Pauline Sales présente une immersion contemporaine dans les mythes de Déméter et Perséphone.
La Terrassepar Manuel Piolat SoleymatPropos recueillis
Pauline Sales signe le texte (publié aux Solitaires Intempestifs) et la mise en scène des Deux Déesses, réécriture contemporaine du mythe de Déméter et Perséphone. Entre théâtre et chansons, une épopée en forme de comédie musicale qui entremêle universel et actualité.
Archives des représentations
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MC2:
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Grenoble
05 févr. > 06 févr. 2025
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Théâtre Gérard Philipe - TGP
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Saint-Denis
20 nov. > 01 déc. 2024
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La Halle aux Grains
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Blois
14 nov. > 15 nov. 2024
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Les Quinconces-L'Espal
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Le Mans
05 nov. > 06 nov. 2024
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Théâtre Jacques Carat de Cachan
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Cachan
19 déc. 2024
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La C.R.E.A - Culture Mont Saint-Michel
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Avranches
09 janv. 2025
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Espace Marcel Carné
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Saint-Michel-sur-Orge
17 déc. 2024
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L'Estive
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Foix
14 janv. 2025